Nov 2009
BIOGRAPHIE: (PAR PASCAL ANQUETIL)
C’est l’histoire d’un mec qui n’est vraiment pas raisonnable parce que très passionné. C’est le parcours atypique d’un homme, né en 1966, qui après avoir fait Maths Spé’ et être passé brillamment par une école d’ingénieur, s’est retrouvé aux débuts des années 90 en Arabie Saoudite pour exercer avec tout le confort moderne ses talents d’électronicien expatrié. À son retour, pourtant, il refuse de suivre la voie professionnelle qui s’ouvrait en toute sécurité devant lui. Il choisit de tout abandonner et de sauter dans le vide pour accomplir son destin : devenir à temps complet « musicien de jazz ». Comment ? En suivant un parcours « à l’ancienne », en autodidacte forcené. En refusant l’école de jazz pour se risquer à l école « du » jazz. L’école de la nuit et des rencontres imprévues, de la tradition orale, des boeufs « after hours », des initiations amicales avec des musiciens forcément plus forts que lui. Pourquoi ? Parce qu’à 18 ans, il avait vécu le choc d’écouter Miles dernière époque. Patatras! Il avait attrapé le virus du jazz. Du coup, il s’engage avec avidité et détermination (le garçon est du genre volontaire et obstiné) dans la découverte à rebours de toute l’histoire de cette musique. C’est l’histoire d’un mec qui en 2006 pour ses quarante ans reçoit comme cadeau d’anniversaire la réalisation d’un rêve : l’enregistrement d’un premier disque sous son nom : « First Page » (Bee Jazz). Son producteur Alexandre Baudin est son élève, avocat dans le civil qui s’est pris de passion pour ce jeune homme à l’enthousiasme jovial au point de monter pour lui le label ALB Records. Pour en arriver enfin là, Stéphane Spira aura connu dix ans de galères et de parcours du combattant. Une décennie à chasser les doutes, fuir les découragements et croire toujours, à tout prix, en sa bonne étoile. En 1996 il crée son premier quartet avec le très (trop ?) secret guitariste Jean-Luc Roumier. Avec lui il s’exerce à écrire tout un répertoire de pièces originales. Avec le saxophone, la composition devient dès lors sa deuxième passion, celle qui lui permet de conjuguer en toute liberté, sa verve mélodique avec sa science poétique de l’harmonie. Pour poursuivre son sacerdoce du swing, Stéphane Spira a su provoquer ce qu’on appellera rapidement la chance. Comme celle de rencontres décisives avec quelques improbables « anges gardiens ». Il y a eu d’abord Bernard Rabaud qui l’a repéré lors d’un boeuf au Petit Op' à la glorieuse époque des « Nuits blanches ». C’est aussi au Petit Opportun que Stéphane a rencontré Michel « Mickey » Graillier. Le pianiste au lyrisme lunaire s’est pris tout de suite d’affection pour ce jeune saxophoniste plein d’ardeur et de désir d’apprendre. Tout comme Olivier Hutman, avec lequel il enregistrera « First Page ». Ce prochain chapitre débute avec un deuil : la mort en novembre 2007 de son père Max, personnage haut en couleur, brocanteur fou de musiques. Pour lui rendre hommage, Stéphane décide de lui dédier tout un album. Le choix du pianiste Giovanni Mirabassi s’est imposé comme une évidence. Les deux musiciens s’étaient pour la première fois rencontrés, quelques mois après son retour d’Arabie. C’est l’histoire d’un mec aujourd’hui totalement heureux, épanoui. L’avenir s’ouvre devant lui comme une autre aventure à vivre sans retenue, une « second page » à écrire. Après un merveilleux séjour d’un trimestre en 2009, Stéphane vient de se décider de partir en janvier 2010 s’installer à New York. Afin de se doper à l’énergie musicale de la Grosse Pomme, de s’affronter joyeusement aux meilleurs musiciens de la ville et poursuivre à plein régime sa folle passion de musicien de jazz.


